Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
L’an 3000 vu de la résidence Domitys

2ème épisode 

 
 
 
 
 
 
 
 
Le voyage 

La voilà !


Bien protégés du tourbillon et du bruit, il ne reste plus à la centaine de passagers qu’à connecter le creux de leur main gauche, en place des encombrants smartphones d’autrefois, au logiciel apesanteur, et à avaler la pilule glucidoprotéinique concoctée par le chef apothicaire Christoporos sur indication du bon docteur Piccolo.
Au signal d’Harmonika, l’infatigable wonderwoman qui a repris le flambeau « animation » transmis de mère en fille , tout le monde se glisse sur les sièges nominatifs adaptés à la morphologie de chacun. Et s’envole la navette dans un arrachement de fin du monde.


Harmonika aidée de l’hotesse Orangina et du bon docteur Picolo, veille au confort du voyage qui pourrait bien durer quelques heures.

Une pilule de tranquilline, quelques respirations, et quoi de mieux qu’un beau reportage dans le passé pour conjurer l’incertitude du futur ? 


Bientôt sur l’allée centrale de la navette commencent à se mouvoir en hologrammes les événements qui ont fait la gloire des siècles passés. L’anniversaire des résidents, d’avant la fameuse pandémie ! Un après-midi karaoké, des chansons à vous mettre les larmes aux yeux. Un carnaval masqué, d’ailleurs tout le monde est masqué, même pour l’excursion mémorable au parc de Gerland, cette fameuse année où tout le monde se méfiait de tout le monde parce qu’un virus étrange ravageait la planète. On en avait parlé longtemps, de génération en génération de résidents, et rien ne pouvait captiver davantage l’attention des voyageurs que ces périodes héroïques, ces masques , ces déambulateurs, et l’ancêtre un peu cabossé de leur rutilante navette. 


Le temps passe vite finalement, quelques uns se sont assoupis, mais la plupart ont été tellement captivés par les images qu’ils peinent à retrouver leurs esprits quand elles s’éteignent. « Vérifiez les ceintures, les casques à oxygène, réglez vos logiciels anti apesanteur ». Harmonika s’affaire auprès des plus lents, des plus inquiets. Un petit tour de piste et voilà. Alunissage parfaitement réussi au milieu des applaudissements.

                      A suivre.

Voir les commentaires

Publié le par danne

 

L’an 3000 vu depuis la résidence Domitys 


1er épisode.

Bientôt il faudra partir. 


Ils sont là, sur leur île flottante amarrée au pied de la tour de Fourvière. La navette les arrachera d’un moment à l’autre à l’étendue d’eau saumâtre qui lèche le pied de la colline. 


Tant de vies et d’habitations avaient peu à peu été englouties, mais ils avaient résisté, bien protégés dans ces bulles créées quelques siècles plus tôt pour le confort des aînés. Pendant que tout s’affolait autour d’eux, que les eaux montaient inexorablement, que les glaciers fondaient ainsi que les calottes polaires, ces protégés pouvaient maintenant espérer vivre jusqu’à 300 ans pour les plus chanceux. Beaucoup de leurs anciens bobos faisaient désormais partie de la préhistoire. Cœurs  artificiels, aortes en silicone et puces greffées dans les cerveaux avaient jeté aux oubliettes les défaillances passées. De savantes prothèses avaient relégué au musée cannes, déambulateurs et fauteuils roulants. Les antiques rides avaient disparu des visages botoxés ; les muscles électrisés et liposucés avaient retrouvé leur galbe d’antan.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes seniors, mais la fin des mondes grondait tout autour. L’espérance de vie avait quintuplé et la vieille terre envahie par les eaux n’offrait plus beaucoup de perspectives. On ne pouvait plus continuer à surélever les pilotis. Les résidences séniors étendaient leurs ramifications sur les 5 continents et sur les océans,  posées sur de grands îlots flottants. Une seule issue :  la déterritorialisation. Il fallait trouver des cieux plus cléments.


Heureusement big brother Domitys avait tout prévu et les esprits s’y étaient préparés.Rendez-vous avait été donné au pied des hauteurs qui surnageaient dans chaque agglomération. 
La résidence lunaire Félicitée s’apprêtait donc à accueillir ses premiers pensionnaires pour l’inauguration. Ceux-là mêmes, soigneusement sélectionnés, qui attendaient impatiemment leur envol au pied de Fourvière, dans l’ancienne capitale des Gaules désormais submergée et choisie comme premier point de départ.

*

La voilà ! Un vacarme épouvantable. Les voyageurs rabattent les volets greffés sur les oreilles. D’amples carapaces de silicone s’enroulent autour d’eux pour leur épargner la tornade qui précède l’arrivée du bolide. Toute neuve, arborant fièrement son appellation historique, elle en a fait du chemin la navette « Domitys » . Conçu plusieurs siècles auparavant, pour transporter en fourgon diesel quelques fatigués jusqu’au marché Jean Macé ou pour une petite promenade au parc de Gerland, le monospace, devenu hybride, puis électrique, avait ensuite évolué sur coussin d’air avant de s’envoler pour de bon, et d’ essaimer en hélicoptères, drones, moyens et longs courriers, supersoniques le plus souvent, et de se décider enfin à tenter l’aventure spatiale. D’abord quelques sorties en apesanteur autour de la terre proposées aux plus anciens, ou aux plus riches, ou aux chanceux des tombolas et lotos, aux gagnants des concours de coinche ou d’échecs, selon le cas. 
Le dernier né des véhicules avait été conçu pour le grand tournant du nouveau millénaire : l’émigration vers la lune et l’inauguration de la toute nouvelle résidence, « Félicitée ».

                            A suivre.



 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Liberté et santé.


 
Conférence du philosophe P. H. Tavoillot, présentée par Hélène Camus depuis la résidence de Cabourg dans le cadre des conférences Domitys, et transmise  le Lundi 26 avril sur notre chaîne 99.
Petit résumé à ma façon.

 

Le sujet est de circonstance. Au moment des vœux, qui n’a pas hésité avant le « bonne santé » rituel ? Santé suspendue à ce satané virus, et toutes nos libertés mises à mal depuis un an, au nom de la santé. Mais quelle liberté nous reste-t-il si on n’a pas la santé ? 

La santé, on n’y pense pas quand on l’a, et on ne pense qu’à la retrouver quand on l’a perdue. Définie par l’OMS, la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Elle est si exigeante qu’elle englobe toute la vie. Quelle place reste-t-il à la liberté face à notre finitude ? La mort  est notre destin, même si on fait semblant de l’oublier. Faut -il, pour conserver la santé, sacrifier la liberté ?

 

Mais qu’est-ce que la liberté ? « Faire ce qu’on veut », la définition semble évidente, mais  se complique très vite. On peut vouloir plusieurs choses contradictoires. Faire un régime et faire un bon repas. Rester au lit et se rendre à un rendez-vous. Entre l’immédiat et le long terme, il faut choisir ! Être libre fait partie de l’homme, et ce n’est pas facile. L’être humain, privé d’instincts, doit se construire par l’apprentissage, l’invention, c’est ce qui le distingue de l’animal. Voilà ce que répètent les philosophes depuis que Prométhée a dérobé le feu aux dieux. Mais comment choisir ? Le monde extérieur ne va pas comme on voudrait. Il y a aussi toutes les contraintes qu’on se fixe, ce qu’on s’interdit par suite de choix précédents, de principes moraux, de l’éducation.

 

 Et puis il y a les autres. On ne peut pas vivre sans les autres, mais les autres limitent ma liberté et réciproquement. Pour éviter la guerre des libertés il faut des lois.  Pour que les libertés s’harmonisent il faut des restrictions, des règles, une puissance publique qui dans l’idéal définit, par delà les libertés individuelles, un bien commun, une liberté citoyenne où nous devenons aussi responsables des autres. Pas de liberté sans obéissance, qu’il ne faut pas confondre avec la servitude. Obéir c’est faire attention aux autres, renoncer au rêve de toute-puissance infantile, devenir adulte, s’accommoder du réel. 
Revenons au sujet. Pour la santé, la mienne et celle des autres, je respecte les restrictions, j’obéis.
Pour la liberté, je râle, critique, et triche un peu avec les règles !

 

Mais les résidents ont la liberté de poser quelques remarques 
-    L’égoïsme nous pousse à ne pas trop nous préoccuper des autres. 
-    Peut-être pourrions-nous, en ces temps difficiles, développer des formes de « liberté intérieure », trouver en nous des voies de résilience.
-    La démocratie n’est-elle pas mise à mal par des mesures liberticides ? D’autant plus que ces mesures ne nous semblent pas toujours appropriées. 

Certes nous naviguons souvent à vue dans une situation inédite où tant d’inconnues demeurent.
Mais il reste toujours la possibilité d’en parler, et même de nous contredire ou de dire n’importe quoi, ce qui reste une des marques de nos démocraties.
 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Mes livres
Fille 

Camille Laurens 

 

Elle se parle à elle -même, tantôt à la première personne, tantôt à la seconde, comme pour interroger son identité de femme qui constitue l’objet du livre, roman ? Auto Fiction ? Démonstration ?

Identité de fille d’abord. Le leitmotiv du récit, c’est le malheur de naître fille. 
Tous les âges y passent, à travers la vie de Laurence, la narratrice. La naissance, où se révèle la petite différence qui fait de vous le choix du roi, ou, comme un pis-aller, une fille. Elle est deuxième fille, déception du père, obnubilé par la naissance d’un fils. D’autant plus qu’une troisième fille décède à la naissance. 


Laurence vit donc, avec sa sœur aînée Claude, sa vie de fille, jongle avec les préjugés et les tabous de son entourage, à commencer par le père médecin. Nous suivons son rapport au corps, l’éveil de la sexualité, les agressions incestueuses, la puberté et la malédiction des règles. Nous savons tout de ses expériences, émois amoureux et ruptures, l’avortement caché. Et puis le mariage, l’arrivée dramatique  d’un garçon mort né, Tristan, l’effilochement du couple, la naissance d’une fille, Alice, garçon manqué qui va jouer à remplacer le frère manquant. La dislocation des couples, la difficile relation mère fille, et là voilà, une génération plus tard, devant un nouveau défi, la « différence » de sa fille à laquelle il faudra bien s’habituer ! Et le petit frère que son père lui a enfin donné avec une femme plus jeune que sa fille.


Le malheur de naître fille ? Nous retrouvons dans ce récit tout ce qui a mobilisé la deuxième moitié du 20ème siècle au sujet de la condition féminine. C’est peut-être trop. Trop démonstratif, trop nombriliste, trop revendicatif, trop complaisant. Je n’ai pas vraiment accroché.
 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Mes livres
Le pays des autres

Leila Slimani 


Comme son titre l’indique, le roman porte sur l’exil, le dépaysement, le sentiment de ne jamais être chez soi. 
Il se déplace entre la France et le Maroc, de la fin de la guerre de 39-45 aux luttes des années 50 pour l’indépendance. Le Maroc est alors sous protectorat français depuis 1912 et devient indépendant en 1956.
Amine fait partie des troupes d’outremer qui ont participé à la libération de la France et se retrouve dans l’Est de la France. Mathilde, jeune bourgeoise , s’ennuie dans cette France occupée et est vite séduite par le valeureux militaire. Dans la foulée, elle l’épouse et le suit au Maroc où il entreprend la mise en valeur d’un lopin de terre aride et caillouteux légué par son père.
Il est maintenant dans son pays et c’est elle l’étrangère. C’est plus difficile qu’elle ne l’aurait cru. Amine est repris par des traditions qu’elle comprend mal, et il faut composer avec la famille, les fermiers voisins, la cohabitation entre colons et indigènes. Leur couple doit jouer sur les 2 tableaux et Mathilde navigue entre l’adaptation assumée à un mode de vie austère et la nostalgie de son Alsace natale. Leur petite fille, aux cheveux incoiffables, surpasse ses congénères blondes dans l’école catholique où elle peine beaucoup à se faire accepter. Amine lui-même concurrence, par un travail acharné et de solides compétences, les colons des fermes environnantes. La petite famille surmonte tant bien que mal les pièges de sa double appartenance, mais la situation va se compliquer quand elle se trouve confrontée à la montée des luttes pour l’indépendance. Par petites touches les tensions s’aggravent jusque dans la famille, le voisinage. Traîtres potentiels des deux côtés ? Est-il encore possible de vivre comme étranger dans le pays de l’autre , quand une coexistence bancale fait place aux règlements de compte ?

L’écrivaine est elle-même franco-marocaine, de culture française, prix Goncourt pour « Une chanson douce »en 2016. Elle-même doit donc jongler entre 2 pays et 2 cultures. L’histoire d’Amine et Mathilde ressemble à celle de ses parents, et elle pourrait être la petite métisse aux cheveux trop frisés.
Les situations s’appuient sur une réalité historique et géographique complexe, et les personnages essaient de s’en accommoder. Ils sont eux-mêmes complexes, toujours un peu étrangers au milieu dans lequel ils se retrouvent. Quels que soient leurs efforts ils se retrouvent emportés par une histoire qui les dépasse. La rencontre des cultures n’est pas un long fleuve tranquille !
 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Mes livres
 
Vania, Vassia et la fille de Vassia 

Macha Méril


C’est une saga familiale qui court sur un siècle, de la révolution russe de 1917 à la période actuelle. A la révolution, les Cosaques,  ainsi que l’aristocratie russe et tous les partisans du tsar ont dû fuir le nouveau régime pour s’installer où ils pouvaient, créant de nombreuses communautés en Europe.
L’auteure, Macha Méril, est elle-même une princesse dont les parents se sont réfugiés en France, elle est  née française au Maroc en 1940, et son roman est en partie inspiré de son histoire.

Plusieurs familles de ces émigrés cosaques se sont installés dans un coin de Corrèze où ils vivent à leur façon dans le culte du tsar et des traditions orthodoxes. Ils ne rêvent que retour au pays perdu mais font souche dans ce coin perdu de France où ils vivent entre exil et intégration. Nous suivons particulièrement  le parcours de trois personnages qui vivent, chacun à sa façon, cette délicate situation. Vania et Vassia sont amis ; Vania est marié, a 2 fils. Vassia veuf, vit seul avec sa fille Sonia dont Vania est le parrain. Une grande solidarité les relie. Sonia se révèle avoir un don pour le chant et des capacités intellectuelles qui la font remarquer très vite et vont lui permettre, grâce à des appuis et à sa grande maturité, de s’intégrer jusqu’aux plus hautes sphères de la société.

A l’approche des années 40, les événements vont les obliger à faire des choix et la petite tribu d’éleveurs de chevaux va se désagréger peu à peu.
Vassia, influencé par un pope de passage, est persuadé que le système nazi va débarrasser la Russie du bolchévisme haï, qui a tué son père et obligé la famille à l’exil. Il disparaît, en confiant sa fille au parrain Vania.
Celui-ci garde le cap, s’occupe du groupe et des chevaux, mais les temps sont durs et beaucoup vont tenter leur chance ailleurs, jusqu’au moment où lui aussi doit renoncer.
Quant à Sonia, elle poursuit un parcours sans faute d’intégration grâce à ses qualités et à l’aide d’aristocrates bienveillants.

 

L’intérêt principal du roman est de nous placer tour à tour du côté de chacun des 3 protagonistes, chacun avec sa logique et les aléas de sa vie, sans jugement.
Il est aussi de nous faire découvrir l’existence de cette population de russes blancs exilés, tiraillée entre la douleur de l’exil et la nécessaire intégration dont le prototype est la fille de Vania. Celle-ci est peut-être le double autobiographique de l’auteur, qui s’est appropriée le monde du théâtre, du cinéma, de la littérature en fréquentant les plus grands.
Sonia se fait une place dans la vie politique, de Mendès France à Macron, à travers des événements si réels qu’on est étonné de ne pas la retrouver dans la vraie histoire !
Cette réussite me semble pécher par un défaut de crédibilité.
Ceci dit, un roman passionnant.
 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Mes livres
Tu seras un homme mon fils 


Pierre Assouline 


Voici une histoire de pères et de fils.

C’est une biographie romancée, celle de Rudyard Kipling, auteur du Livre de la jungle, racontée par un « petit prof » français, Louis Lambert.
Celui-ci, décidé à produire une traduction du célèbre poème « If », va, grâce à son obstination et à un concours de circonstances, s’attacher aux pas de l’ écrivain.

1941. Le narrateur se retrouve devant la cathédrale de Westminster où, 5 ans plus tôt, il a assisté aux obsèques grandioses de son héros, l’écrivain et aventurier Rudyard Kipling. Pendant qu’il se remémore, on lui tape sur l’épaule : c’est son fils John, engagé dans les forces libres. 
L’occasion, enfin, de raconter à ce fils, et à nous, l’aventure passionnée qui l’a lié au grand écrivain.

Remontons le temps, jusqu’au début du siècle.
Le jeune professeur Lambert a deux maîtres , le poète Mallarmé, professeur d’Anglais, et Rudyard Kipling, auteur déjà célèbre, dont il veut traduire de la façon la plus fidèle possible le poème If (1910. Traduit également en 1918 par l’écrivain André Maurois sous le titre « tu seras un homme mon fils »). Le jeune Lambert est lui-même en rupture avec son propre père, sur fond d’affaire Dreyfus. 

Par le plus grand des hasards, le jeune professeur, qui accompagne sa grand-mère dans une ville d’eaux des Pyrénées, y rencontre…Kipling en personne, grand amoureux de la France et habitué des lieux. Le premier contact est rugueux, mais le jeune homme se fait adopter par le poète qui lui demande de le suivre en Angleterre pour enseigner le français au jeune John, son fils adoré.
 Voilà pour la première période.

Mais la guerre de 14 éclate, Le fils s’engage. C’est une affaire d’honneur. Le père rêvait d’un héros, mais c’est le malheur qui fond sur lui. 
Plus rien ne sera comme avant .
Où est mon fils ? Qu’avons-nous fait de nos enfants ?
ces 2 questions vont hanter le reste de ses jours.

3 histoires, de père et de fils, s’enchevêtrent dans cette première moitié du siècle.
Un père disparu renié par son fils, le narrateur Louis Lambert.
Un père fou de son fils dont il ne pourra jamais combler la disparition.
Et un fils devenu père à son tour d’un fils, dépositaire de cette histoire.
Le tout sur le fond tragique de deux guerres mondiales.


 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Mes livres
La femme révélée.   


Gaëlle Nohant


Elle a changé d’identité. Elisa est devenue Violet, qui a quitté précipitamment Chicago pour Paris, munie d’un sac à dos et d’un appareil photo. Elle est traquée, se méfie de tout et de tous. D’abord logée dans un hôtel de passe, elle y fait la connaissance de Rose, une prostituée qu’elle a photographiée lors d’une rafle de policiers et qui se trouve sous la coupe d’un souteneur violent. Ce logement d’urgence est un jour mis à sac, elle est cambriolée, les bijoux, seule richesse qu’elle a emportée de sa vie d’avant, sont volés. Elle se sent menacée et déménage dans une pension pour jeunes filles tenue par une amie de Rose. 

Nous sortons de la 2èmeguerre mondiale.
Violet commence une nouvelle vie dans la capitale française tandis que lui reviennent les souvenirs d’Amérique. Ainsi nous découvrons la vie d’Eliza, lourde d’un secret qui va se révéler peu à peu. 
Dans la pension elle fait la connaissance de Brigitte, jeune femme émancipée qui l’entraîne dans les folles soirées de St Germain des prés. Elle y rencontre un New-yorkais mystérieux dont elle tombe amoureuse.  Pour vivre elle garde 3 enfants qui la rappellent sans cesse à la douleur d’avoir dû abandonner son propre fils dans sa fuite. Elle explore Paris qu’ elle photographie avec passion et entraîne dans les banlieues dévastées les jeunes enfants dont elle a la garde, au grand dam de la mère qui lui donne sèchement son congé. 
De quoi vivre maintenant ? Elle continue de photographier, rencontre ainsi un photographe connu qui reconnaît son talent et lui propose une tournée aux États-Unis, mais c’est trop tôt, trop risqué. Elle rencontre d’autres exilés américains dont un jazzman aveugle, leurs histoires d’exil se font écho. 
Le temps passe, le talent de Violet s’impose. 

Elle va retourner aux USA à la faveur d’une exposition. Et tout tenter pour retrouver son fils. Elle retrouve l’histoire d’Eliza, nous découvrons pourquoi elle a du fuir une vie dorée bâtie sur un mensonge. Qui était le riche mari qui lui avait tout donné en la faisant renoncer à ses projets ?
. Elle retrouve la mémoire de son père proche des activistes des droits civiques, et se retrouve mêlée aux grandes contestations des années 60 pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam. 

Et son fils, que fera -t-il, adulte, de cette mère qu’il croyait morte après l’avoir abandonné. Se retrouveront -ils ? Pourquoi est-elle partie, qu’a-t-elle du fuir ? Et qui était ce mystérieux new-yorkais rencontré à Paris ? 

*


Parallèle entre 2 vies, deux identités.
Personnage de femme entre mariage bourgeois démystifié et réalisation d’un épanouissement personnel à travers la photo 
Voyage entre 2pays et plusieurs époques 
Dilemme de la maternité , abandon de l’enfant qu’on aime pour sauver sa peau
Problème de l’engagement, fracture sociale.

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Prix littéraire.

Il y a le Goncourt bien sûr, et dans la foulée le Renaudot, le Médicis, le Femina…Du plus prestigieux au plus confidentiel, chaque année offre sa moisson. 
Et puis il y a le prix Domitys.
Et donc le jury Domitys, ou plutôt les jurys Domitys qui, chaque année, dans chaque résidence, lisent les 5 mêmes livres choisis après concertation nationale. Après une autre concertation nationale, le prix est attribué. L’année dernière, malgré le confinement, Olivier Norek l’a emporté pour son roman Surface.
Le Pont des Lumières a donc son jury, une dizaine de lecteurs. Un mois environ pour lire, puis on se réunit, on échange et on note. Et tout remonte par les bons soins d’Harmonie notre animatrice.


         
Premier ouvrage de la nouvelle sélection, La femme révélée, de Gaëlle Nohant.
Réunion en visio, confinement oblige.  WhatsApp ? Zoom ? Finalement ce  sera le bon vieux Skype. Encore faut -il l’avoir sur son ordinateur ou sa tablette. Et arriver à se voir, à s’entendre. Il a bien fallu 24 h pour que tout soit installé, sans parler des raccordements de dernière minute. Des visages apparaissent, basculent, on se reconnaît mal. Certains n’arrivent jamais à l’écran, d’autres en disparaissent en cours de route. Parlons enfin du livre. La première se débrouille bien, une habituée. Pas moi. Je n’arrive pas à rallumer le micro qu’il avait d’abord fallu éteindre, je voudrais lire un texte préparé mais tout bouge, la tablette, le papier, je renonce, j’improvise, « je n’entends pas,  vous pouvez reprendre ? » j’ai déjà oublié ce que j’ai dit.http://daneffan.over-blog.fr/2021/03/la-femme-revelee.html


Difficile de faire dans la nuance. Ceux qui sont restés jusqu’au bout, ceux qui ont pu parler, ont plutôt aimé le livre auquel on finit par donner une note. Mais l’intérêt littéraire du débat est restée mince devant le défi technique !
Petite consolation, les doctes jurés du Goncourt, privés de cérémonie, n’étaient pas plus brillants que nous devant leur Zoom lorsque, quelques jours plus tôt, ils ont remis leur prix à Hervé le Tellier. L’écrivain, quant à lui, était content d’échapper au tra la la habituel.



En mixte cette fois, 6 au salon, la jauge est stricte, les autres en visio, pour parler de Tu seras un homme mon fils  de Pierre Assouline. C’est une biographie romancée du poète Rudyard Kipling. Contents de nous retrouver, les langues se délient, on peut même se couper la parole. Certains  trouvent de l’intérêt à la relation père fils décrite dans le livre, d’autres sont carrément allergiques,  sans compter ceux qui ont décroché dès les premières pages. Pour les branchés visio, ça se complique. Ils n’entendent pas, on ne les entend pas … Harmonie, perchée sur une table, branche, débranche, rebranche, joue l’interface. Enfin, tant bien que mal les notes sont distribuées, plutôt mauvaises. La séance est éprouvante, mais on a quand même réussi à parler d’un livre, et même à ne pas être d’accord !  http://daneffan.over-blog.fr/2021/03/tu-seras-un-homme-mon-fils.html



Libérés des écrans pour la troisième réunion . C’est au bar, soigneusement distancés et masqués, que nous parlons de Vania, Vassia et la fille de Vassia de Macha Méril. Cette saga de cosaques exilés en Corrèze a remporté un franc succès. Nous avons découvert une histoire mal connue et la commentons longuement. Certains s’entichent de Sonia, d’autres lui prèfèrent Vania, chacun a un avis et met en relief un aspect du roman, les notes finales sont élogieuses et nous sommes contents d’avoir vraiment échangé. Même si Harmonie est parfois obligée de répéter, plus fort, des interventions étouffées par le masque et la distance. http://daneffan.over-blog.fr/2021/03/vania-vassia-et-la-fille-de-vassia.html

 

«   Lire, ce vice impuni », sur lequel aucun confinement n’a de prise et qui guérit de tant de vague à l’âme ! 


 

Voir les commentaires

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
L’écran et la vie.

Chaîne 99, À vos écrans !
8 décembre. C’est la fête, vin chaud et marrons chauds à domicile, tandis que nous suivons sur l’écran la joyeuse bande dans les couloirs. 6ème, 5ème, porte après porte, étage après étage.
Certains l’attendent de pied ferme. D’autres semblent surpris. « Vous passez à la télé ! »Une résidente est filmée se regardant sur l’écran, nous la regardons se regarder, la télé c’est nous. Les intérieurs entrouvrent leur secret…
La rumeur se rapproche. Ils sont au 2ème, juste le temps d’ouvrir ma porte, ils sont là pour de vrai. Le vin chaud fume,  les marrons sont bien là , la caravane embaume et continue sa joyeuse farandole.


                                     *


Premier confinement, virus oblige, pour nous comme pour tous, l’écran s’est imposé. 
Écran des masques d’abord. On se voit mal, on s’entend mal.
Écran des murs blancs d’en face où se projettent les ombres des va et vient sur la terrasse. 
Les écrans de chacun pour garder en visio le lien avec les proches.

Et puis, pour relier nos vies confinées, est arrivée sur nos télés la chaîne 99 ! 
Notre directeur vient y présenter nouvelles et consignes, le rendez-vous est solennel, un peu intimidant, mais on peut poser des questions. Et puis quelques conférences, reportages, le film du dimanche.
Quelques couacs, le temps de la mise en route. la connexion laisse à désirer, ça saute, on entend mal. « Mieux que rien » disent les optimistes. Chacun, de son fauteuil, se rattache tant bien que mal à ce cordon ombilical qui complète les consignes écrites et les visites régulières du personnel.
Mais personne n’a rechigné au retour à la vraie vie, on a fait la fête au patio, c’était en mai, juin, juillet, on avait oublié les écrans. 
Sauf celui du masque qui nous rappelait la fragilité de la situation.


                                       *


Avec l’automne sont revenus les temps difficiles. Et le temps des écrans.
La chaîne 99 est bien prête maintenant et se déploie tous azimuts. Les informations et consignes bien sûr, mais pas seulement.
Plus de gym en salle, ni de yoga ni de qigong ? Prenez une chaise, mettez vous devant votre télé, et vous n’avez qu’à suivre Sylvain, ou Johanna, Simon ou Francis seuls  devant leur tablette, quand tout veut bien marcher ! Il manque l’adrénaline du groupe et le conseil personnalisé, on y gagne leur sourire, débarrassé du masque.
La tête aussi doit travailler. Les quizz, et l’inoubliable devinette de 11h30, appeler la première, entendre le rire d’Harmonie, voir le sourire d’Harmonie, sans masque ! 
Le calendrier de l’avent dévoilé en direct, appelez pour votre petit cadeau.
Et puis du reportage en direct, sur les pas d’un serveur ou d’un administratif. Dans les cuisines le jour de la paella.
Marie de Hennezel nous dispense ses conseils, répond à nos questions, on me photographie en train de l’écouter. Des reportages et voyages. Le film du dimanche, sauf oubli. Des pièces de théâtre proposées par une résidente, tout semble possible. J’en oublie bien sûr.
La vie a bien continué lorsque nous réunir était risqué. Combien étions-nous devant nos écrans ? 
Si bien  habitués qu’il a presque fallu nous forcer à redescendre, hésitants et pourtant contents de nous retrouver, pour de vrai.
 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog