Lundi 9 avril 2012
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La famille.
Remue-méninges du 21 mars 2012
« Venant d’un pays où les liens de famille sont très forts, je pense que la famille, actuellement, a tendance à perdre son importance. C’est dommage. Pour moi, la famille donne des
repères, c’est ce que j’essaie d’apporter à mes petits-enfants. »
Le mot « famille » peut être appliqué à de nombreuses réalités. La famille regroupe ce qui a des points communs, ce qui se ressemble, dans le domaine
naturel : plantes, animaux ; dans le domaine social, politique, idéologique…Nous parlerons surtout des liens familiaux entre humains, qui sont à la fois naturels et sociaux .
La famille c’est un cocon.
C’est la première image qui vient. Un lieu de relations privilégiées, où l’on se sent protégé du reste du monde. Ce lieu est marqué par des relations affectives fortes. Certaines choses restent
« en famille », les enfants apprennent à distinguer ce qui se passe ou se dit en famille, et ce qui peut sortir : à l’école et dans d’autres lieux de socialisation. Cette famille a
une structure et une étendue variables selon les sociétés. Famille nucléaire, famille élargie, famille recomposée, tribus ou clans, les sociétés sont diverses à travers le temps et l’espace, et
les familles aussi.
Dans cette famille il peut exister « des secrets de famille », un « esprit de famille », des « bijoux de famille ». On y fait des repas de famille en échangeant des
souvenirs de famille, autour d’albums de photos de famille. Les liens familiaux se distinguent des liens amicaux, choisis et variables. « On choisit ses amis, mais pas sa famille ».
Pourtant la famille est aussi ouverture sur l’extérieur : « les pièces rapportées », plus joliment appelées « valeur ajoutée » obligent les familles à se composer ou se
recomposer ; la famille repose dès l’origine sur l’échange, l’exogamie, l’interdiction de l’inceste, voir les travaux de Lévi-Strauss.
Cocon fermé ou cocon ouvert ?
La famille qui protège peut aussi étouffer. Dans certaines formes traditionnelles, les individus disparaissent au profit du groupe. Celui qui est différent, ou rebelle, est exclu. De même celui
qui entache l’honneur de la famille. Les mariages sont arrangés, voire forcés, pour des raisons d’alliance, de terres, de biens, d’ethnie, et ceci dans toutes les sociétés traditionnelles dont il
subsiste partout des traces. Les crimes d’honneur font partie de ces survivances. Les femmes et jeunes filles sont soumises à des obligations et des stratégies où elles n’ont souvent pas leur mot
à dire.
L’autre extrême est l’individualisme absolu, l’éparpillement souvent aux quatre coins du monde, et en corollaire la dissolution des liens, l’éloignement, l’isolement, la solitude des personnes
âgées, les familles monoparentales, le nombre de plus en plus important de personnes vivant seules dans leur appartement. Davantage de liberté, mais moins de solidarité, et le sentiment d’être
perdu dans un monde anonyme. La société supplée dans une certaine mesure, foyers, maisons de retraite, aides financières diverses.
Avec des efforts et de la bonne volonté, et grâce aux moyens modernes de communication réelle ou virtuelle, -SKYPE ! - on arrive parfois à concilier liberté individuelle et chaleur
familiale. Les regroupements rituels au moment des fêtes ou des congés sont cités comme des temps privilégiés.
La famille, la meilleure et la pire des choses ?
« La famille, parfois, ça déchire ! » ça déchire et ça se déchire. Les lieux d’amour et d’affection sont aussi des lieux de haines. Les brouilles
de famille, dont on a parfois oublié l’origine peuvent se transmettre de génération en génération, à l’intérieur d’un même village. Les héritages sont une occasion de se déchirer sur la dépouille
des parents morts. Les fils maudits, les enfants illégitimes, les incestes, les vieux parents dépouillés, et toutes ces rivalités fraternelles qui remontent souvent à la plus tendre enfance.
Et plus banalement les violences, les conflits, les séparations, les deuils. La famille est certainement aussi le lieu qui charrie les plus grandes souffrances.
notons le célèbre "Familles, je vous hais!" d'André GIDE.
Nous en resterons là, sans solution une fois de plus.