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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Liberté et santé.


 
Conférence du philosophe P. H. Tavoillot, présentée par Hélène Camus depuis la résidence de Cabourg dans le cadre des conférences Domitys, et transmise  le Lundi 26 avril sur notre chaîne 99.
Petit résumé à ma façon.

 

Le sujet est de circonstance. Au moment des vœux, qui n’a pas hésité avant le « bonne santé » rituel ? Santé suspendue à ce satané virus, et toutes nos libertés mises à mal depuis un an, au nom de la santé. Mais quelle liberté nous reste-t-il si on n’a pas la santé ? 

La santé, on n’y pense pas quand on l’a, et on ne pense qu’à la retrouver quand on l’a perdue. Définie par l’OMS, la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Elle est si exigeante qu’elle englobe toute la vie. Quelle place reste-t-il à la liberté face à notre finitude ? La mort  est notre destin, même si on fait semblant de l’oublier. Faut -il, pour conserver la santé, sacrifier la liberté ?

 

Mais qu’est-ce que la liberté ? « Faire ce qu’on veut », la définition semble évidente, mais  se complique très vite. On peut vouloir plusieurs choses contradictoires. Faire un régime et faire un bon repas. Rester au lit et se rendre à un rendez-vous. Entre l’immédiat et le long terme, il faut choisir ! Être libre fait partie de l’homme, et ce n’est pas facile. L’être humain, privé d’instincts, doit se construire par l’apprentissage, l’invention, c’est ce qui le distingue de l’animal. Voilà ce que répètent les philosophes depuis que Prométhée a dérobé le feu aux dieux. Mais comment choisir ? Le monde extérieur ne va pas comme on voudrait. Il y a aussi toutes les contraintes qu’on se fixe, ce qu’on s’interdit par suite de choix précédents, de principes moraux, de l’éducation.

 

 Et puis il y a les autres. On ne peut pas vivre sans les autres, mais les autres limitent ma liberté et réciproquement. Pour éviter la guerre des libertés il faut des lois.  Pour que les libertés s’harmonisent il faut des restrictions, des règles, une puissance publique qui dans l’idéal définit, par delà les libertés individuelles, un bien commun, une liberté citoyenne où nous devenons aussi responsables des autres. Pas de liberté sans obéissance, qu’il ne faut pas confondre avec la servitude. Obéir c’est faire attention aux autres, renoncer au rêve de toute-puissance infantile, devenir adulte, s’accommoder du réel. 
Revenons au sujet. Pour la santé, la mienne et celle des autres, je respecte les restrictions, j’obéis.
Pour la liberté, je râle, critique, et triche un peu avec les règles !

 

Mais les résidents ont la liberté de poser quelques remarques 
-    L’égoïsme nous pousse à ne pas trop nous préoccuper des autres. 
-    Peut-être pourrions-nous, en ces temps difficiles, développer des formes de « liberté intérieure », trouver en nous des voies de résilience.
-    La démocratie n’est-elle pas mise à mal par des mesures liberticides ? D’autant plus que ces mesures ne nous semblent pas toujours appropriées. 

Certes nous naviguons souvent à vue dans une situation inédite où tant d’inconnues demeurent.
Mais il reste toujours la possibilité d’en parler, et même de nous contredire ou de dire n’importe quoi, ce qui reste une des marques de nos démocraties.
 

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