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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié par danne
Publié dans : #Fête des mères

Témoignage de Renée

Si on me demandait quel a été le plus beau jour de ma vie, je dirais sans la moindre hésitation que j’en ai deux : les jours où mes enfants sont nés, l’un en mai 69, l’autre en janvier 73.  Ce sont les seuls jours de ma vie où j’ai ri et pleuré de bonheur, tout comme mon mari, leur père, tellement grande était notre joie de voir ces deux tout petits individus. 

Très vite est venue la décision de reconnaître notre individualité à tous, en toute égalité et connaissance de cause, par le refus des étiquettes et des rôles. Pas de « maman » ou « papa » donc entre nous, on a continué à s’appeler par nos prénoms comme avant, à nous désigner par nos prénoms, et les prénoms se sont imposés d’eux-mêmes, tout naturellement, tout simplement. Je n’ai donc jamais été « mummy » ou « mum » mais plus tard, à l’adolescence, notre fille m’a parfois donné un « mother! » réprobateur qui m’a fait sourire.
Quant à notre petit-fils, il a également opté pour nos prénoms.

Et la fête des mères dans tout ça ? Je me souviens d’un vase en  cristal offert à ma mère avec mon premier argent, mais les souvenirs sont flous. L’ancienne élève de l’Ecole Normale de Valence ne se définissait pas par deux maternités survenues plutôt tard dans sa vie, et elle n’était pas en faveur de politiques natalistes.
Quant à moi, j’ai expliqué à nos enfants que le bonheur d’être mère ou père n’était pas une source de célébration ou réjouissance une fois par an, mais était vécu par nous quotidiennement. Pas besoin de carte ou de fleurs.

Je reste convaincue que les enfants ne doivent rien à leurs parents, dans les milieux aisés du moins, lorsque la décision d’avoir un enfant est délibérée, voulue. C’est en fin de compte un privilège.
Je ne sais que trop bien que les rapports parents - enfants ne sont jamais simples, le besoin d’autonomie et d’indépendance étant indispensable à l’individu. Il suffit de se rappeler à quel point nous avons nous-mêmes rué dans les brancards familiaux, et dressé l’étendard de la liberté...

Pour moi, pour nous, le rôle des parents est de soutenir, d’encourager, de faciliter.
Tant pis si parfois on aimerait pouvoir mieux communiquer ou partager. Nos enfants ne sont pas nos amis, à moins qu’ils ne choisissent eux-mêmes de l’être.


La maternité je connais donc. J’aurais volontiers eu un troisième enfant si les années 70 n’avaient vu naître et croître une inquiétude profonde quant à l’avenir de notre planète : pluies acides, guerre du pétrole, ressources limitées, bombe atomique... On ne parlait pas vraiment de réchauffement climatique, mais beaucoup d’écologie, surtout Outre Manche. Nuclear power, no thank you!
C’est une peur que, sans y réfléchir, sans le vouloir, nous avons communiquée à nos enfants. Notre « footprint », notre empreinte sur la planète sera limitée, nous ne pouvons que nous en réjouir à l’heure présente, ce qui ne signifie pas que nous sommes en mesure de juger les choix des autres.

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