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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
L’an 3000 vu de la résidence Domitys

2ème épisode 

 
 
 
 
 
 
 
 
Le voyage 

La voilà !


Bien protégés du tourbillon et du bruit, il ne reste plus à la centaine de passagers qu’à connecter le creux de leur main gauche, en place des encombrants smartphones d’autrefois, au logiciel apesanteur, et à avaler la pilule glucidoprotéinique concoctée par le chef apothicaire Christoporos sur indication du bon docteur Piccolo.
Au signal d’Harmonika, l’infatigable wonderwoman qui a repris le flambeau « animation » transmis de mère en fille , tout le monde se glisse sur les sièges nominatifs adaptés à la morphologie de chacun. Et s’envole la navette dans un arrachement de fin du monde.


Harmonika aidée de l’hotesse Orangina et du bon docteur Picolo, veille au confort du voyage qui pourrait bien durer quelques heures.

Une pilule de tranquilline, quelques respirations, et quoi de mieux qu’un beau reportage dans le passé pour conjurer l’incertitude du futur ? 


Bientôt sur l’allée centrale de la navette commencent à se mouvoir en hologrammes les événements qui ont fait la gloire des siècles passés. L’anniversaire des résidents, d’avant la fameuse pandémie ! Un après-midi karaoké, des chansons à vous mettre les larmes aux yeux. Un carnaval masqué, d’ailleurs tout le monde est masqué, même pour l’excursion mémorable au parc de Gerland, cette fameuse année où tout le monde se méfiait de tout le monde parce qu’un virus étrange ravageait la planète. On en avait parlé longtemps, de génération en génération de résidents, et rien ne pouvait captiver davantage l’attention des voyageurs que ces périodes héroïques, ces masques , ces déambulateurs, et l’ancêtre un peu cabossé de leur rutilante navette. 


Le temps passe vite finalement, quelques uns se sont assoupis, mais la plupart ont été tellement captivés par les images qu’ils peinent à retrouver leurs esprits quand elles s’éteignent. « Vérifiez les ceintures, les casques à oxygène, réglez vos logiciels anti apesanteur ». Harmonika s’affaire auprès des plus lents, des plus inquiets. Un petit tour de piste et voilà. Alunissage parfaitement réussi au milieu des applaudissements.

                      A suivre.

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Publié le par danne

 

L’an 3000 vu depuis la résidence Domitys 


1er épisode.

Bientôt il faudra partir. 


Ils sont là, sur leur île flottante amarrée au pied de la tour de Fourvière. La navette les arrachera d’un moment à l’autre à l’étendue d’eau saumâtre qui lèche le pied de la colline. 


Tant de vies et d’habitations avaient peu à peu été englouties, mais ils avaient résisté, bien protégés dans ces bulles créées quelques siècles plus tôt pour le confort des aînés. Pendant que tout s’affolait autour d’eux, que les eaux montaient inexorablement, que les glaciers fondaient ainsi que les calottes polaires, ces protégés pouvaient maintenant espérer vivre jusqu’à 300 ans pour les plus chanceux. Beaucoup de leurs anciens bobos faisaient désormais partie de la préhistoire. Cœurs  artificiels, aortes en silicone et puces greffées dans les cerveaux avaient jeté aux oubliettes les défaillances passées. De savantes prothèses avaient relégué au musée cannes, déambulateurs et fauteuils roulants. Les antiques rides avaient disparu des visages botoxés ; les muscles électrisés et liposucés avaient retrouvé leur galbe d’antan.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes seniors, mais la fin des mondes grondait tout autour. L’espérance de vie avait quintuplé et la vieille terre envahie par les eaux n’offrait plus beaucoup de perspectives. On ne pouvait plus continuer à surélever les pilotis. Les résidences séniors étendaient leurs ramifications sur les 5 continents et sur les océans,  posées sur de grands îlots flottants. Une seule issue :  la déterritorialisation. Il fallait trouver des cieux plus cléments.


Heureusement big brother Domitys avait tout prévu et les esprits s’y étaient préparés.Rendez-vous avait été donné au pied des hauteurs qui surnageaient dans chaque agglomération. 
La résidence lunaire Félicitée s’apprêtait donc à accueillir ses premiers pensionnaires pour l’inauguration. Ceux-là mêmes, soigneusement sélectionnés, qui attendaient impatiemment leur envol au pied de Fourvière, dans l’ancienne capitale des Gaules désormais submergée et choisie comme premier point de départ.

*

La voilà ! Un vacarme épouvantable. Les voyageurs rabattent les volets greffés sur les oreilles. D’amples carapaces de silicone s’enroulent autour d’eux pour leur épargner la tornade qui précède l’arrivée du bolide. Toute neuve, arborant fièrement son appellation historique, elle en a fait du chemin la navette « Domitys » . Conçu plusieurs siècles auparavant, pour transporter en fourgon diesel quelques fatigués jusqu’au marché Jean Macé ou pour une petite promenade au parc de Gerland, le monospace, devenu hybride, puis électrique, avait ensuite évolué sur coussin d’air avant de s’envoler pour de bon, et d’ essaimer en hélicoptères, drones, moyens et longs courriers, supersoniques le plus souvent, et de se décider enfin à tenter l’aventure spatiale. D’abord quelques sorties en apesanteur autour de la terre proposées aux plus anciens, ou aux plus riches, ou aux chanceux des tombolas et lotos, aux gagnants des concours de coinche ou d’échecs, selon le cas. 
Le dernier né des véhicules avait été conçu pour le grand tournant du nouveau millénaire : l’émigration vers la lune et l’inauguration de la toute nouvelle résidence, « Félicitée ».

                            A suivre.



 

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