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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Mur blanc.

 

En face, une ombre passe sur le mur blanc inondé de soleil. Je lève la tête, l’ombre passe et repasse le long d’une ombre de barrière. 


Depuis deux semaines, le mur blanc, de l’autre côté de la rue me sert d’horizon. Quand le soleil l’illumine, comme ce matin, il devient écran. 
En ombres chinoises s’y projette la terrasse de ma résidence. Mon 7ème étage se projette sur le premier étage de l’immeuble d’en face, puis descend à mesure que le soleil monte.
De mon fauteuil, j’observe les ombres fugaces qui de ma terrasse, qui vont et viennent, parfois s’arrêtent où se confondent avec l’ombre d’un arbuste.
Et parfois, aussi, passe l’ombre d’un oiseau. 

Je ne vais pas sur la terrasse. Trop de lumière ? De vertige ou de vent ?

Je me contente du mur blanc où la vie projette son fantôme. 
Le soleil en machiniste tourne autour de mon point fixe et joue avec tous les blancs de sa palette, sur le mur blanc d’en face.

 

 

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Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Le retour,

 

 quand le confinement a fondu sur mes vacances printanières. 

Dans la bulle thermale où je me suis rendue début mars, comme chaque année, avec ma petite sœur, il y a bien eu des défections, nous sommes moins nombreux que d’habitude.  Quelques questions à l’arrivée, voyages en Asie ? En Italie ? Pour la forme. Le médecin plaisante, serre les mains. 

Jusqu’au 13 mars continuent de venir des fatigués de tout l’hexagone.
 On arrive encore du grand Est où l’on sait déjà, mais on ne veut pas savoir, ou pas trop. Elle vient de Moselle cette petite jeune que l’on retrouve avec plaisir. Elle vient d’arriver, a traversé péniblement la France. Elle vit à l’hôtel « Rêva » et démarre ses soins aux aurores, armée de son courage et de sa bonne humeur. Non, elle ne craint pas le virus, trop occupée à gérer le lourd handicap qui bousille sa jeunesse. 
Je m’inquiète encore d’une petite écorchure au genou et d’une douleur à l’épaule. 
Mais la vie est belle, on veut le croire. La maladie ? On verra bien. 

Des bruits commencent pourtant à courir.  Et puis le 12 le président a parlé, l’heure est grave, les écoles sont fermées dès lundi, pourtant personne n’y croit vraiment…

Le vendredi nous nous offrons une belle séance de cinéma…la dernière avant longtemps. 
Le samedi 14 , beau soleil, et si on faisait la voie verte ? J’hésite , Kiki m’encourage. Je n’ai jamais marché aussi bien. Demain au restaurant comme tous les dimanches.


 Mais pas de restaurant ce dimanche. Juste une petite promenade, la dernière, le temps s’est bien rafraîchi. 
Tout va très vite maintenant, le président parle de guerre, il faut rentrer. Notre petite Lorraine, à peine arrivée, s’affole.
C’est le sauve qui peut, régler vite les formalités. Le médecin ne plaisante plus en remplissant à la hâte les derniers papiers. 
Par précaution faire le plein. Les magasins sont bondés.
Et puis vite rentrer chez soi .
Il pleure, il pleut sur notre printemps.
Sauve qui peut sur les routes, retour au bercail, une semaine avant terme. 
Retour à ma toute nouvelle résidence où j’avais à peine eu le temps de m’habituer. Quelle vie m’y attend ?

 

Enfin arrivées sans encombre au parking. 
En catimini du parking à l’ascenseur. Un visage masqué salué à la sauvette.
Affiches dans l’ascenseur :  les visites sont interdites. On m’avait prévenue au téléphone quand j’ai annoncé mon retour.
En catimini de l’ascenseur à mes deux pièces. Fautive déjà d’y introduire ma sœur,  c’est elle qui m’a ramenée. Je la cache 24h. Valises et sacs circulent rapidement. J’évite de passer par l’accueil, et me signale par le téléphone interne.
Visites interdites, déplacements réduits, plus de rencontres, plus d’animations. Je n’ose  même plus m’aventurer dans les longs couloirs silencieux. 
En faute et en cachette. Et peut-être coupable de l’amener, ce satané virus, dans cet univers aseptisé, qui n’est plus que silence et blancheur ?


Il faudra pourtant que j’accompagne à l’ascenseur, comme en la chassant, ma petite sœur, elle qui m’a amenée à bon port ce jour étrange de la mise en confinement. 
J’aurais tant voulu faire durer ce temps que nous avons partagé ! Mais non, chacun confiné chez soi. Vite, qu’elle reparte munie de la toute nouvelle attestation, moi inquiète qu’on la découvre chez moi, elle inquiète des contrôles sur la route du retour. Vite il faut se séparer, on se racontera…
Tout finalement se passe bien. Bientôt nous échangerons sur nos vies confinées, à 100km de distance.
Quand nous reverrons -nous ?

 

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Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Un monde en blanc

 


Comme pour accueillir mon retour, le printemps explose de lumière dans une exubérance qui me coupe le souffle, alors que la mort lance ses sinistres signaux.

Blancheur neigeuse d’un arbre, juste là au coin de la rue. 

Blancheur des anges gardiens qui bientôt vont ponctuer mes heures solitaires. 

D’abord ils ne sont pour moi que fantômes, inquiétants et rassurants à la fois. Sont-ils là pour me surveiller ? Me protéger ?  

 

D’abord je ne reconnais personne sous le masque et la blouse immaculée. Je me reconnais mal dans ce monde irréel, feutré, soupçonneux. 
Les consignes toutes fraîches me sont apportées au compte goutte, en même temps que le courrier accumulé en mon absence. Plus de rassemblements. Adieu rituels, goûters, activités et autres animations. Finies les rencontres de hasard. 
Finis les rendez-vous  littéraires, les cours de yoga, les anniversaires. 
Finis les prétextes à bouger, chercher le courrier ou se faire couper les cheveux. 
Finie cette routine que j’ai quittée quelque temps, à peine m’y étais -je habituée. 


 


Je suis rentrée chez moi, comme une étrangère, sur la pointe des pieds. Installée ici depuis peu,  à peine habituée, et voilà que tout repart à zéro. 
Plus question de tisser des liens, chacun chez soi, chacun pour soi. 
Chacun au coin, comme on punit un enfant récalcitrant. Ou un prisonnier rebelle. Ou un pestiféré dans un lazaret. 
Chacun coupable ou victime en puissance . 

La grande famille patiemment élaborée par l’effort de nos animateurs, au gré des goûters, anniversaires, conférences et journées thématiques, se dissout en atomes . 
La moindre rencontre est risquée. 
Chacun est un danger pour chacun. L’homme est plus que jamais un loup pour l’homme.
Ce qui fait vivre, le lien social, peut faire mourir. 
La plus banale rencontre, dans un couloir, un ascenseur, sur la terrasse, exige des prudences infinies. Il faut éviter ceux qui n’ont pas compris ce qui nous arrive, et qui se précipitent vers vous, trop contents de vous revoir. 
Ceux qui n’ont pas bien compris les 2 m de distance lorsque le cours de gymnastique est organisé dans le couloir. 
Celle qui insiste pour rapporter ma chaise chez moi , pour m’aider. 
Ou celui, au cerveau embrumé, qui cette nuit erre dans le couloir, ne retrouve pas sa chambre, entre chez moi et que je dois chasser et signaler. 
Tout est danger, tout est intrusion. 


Et puis, en blanc , nos anges gardiens. 
Ceux par qui la vie reste possible. Celles et ceux qui distribuent consignes et nourriture. 
A demi irréels sous les masques et surblouses ils se parent de solennité. Je peine à les raccorder à ceux, amicaux et bien vivants, que j’avais laissés.
L’heure est grave et c’est eux qui nous maintiennent en vie. Le goûter. Le courrier. La petite gazette. Les consignes et conseils. La surveillance de la courbe de température. On nous rassure, on nous explique avec bienveillance. 
Peu à peu ils redeviennent familiers et retrouvent leurs prénoms. 
Et s’ils n’étaient plus là ? Et s’ils nous plantaient là, à la merci du virus, à la merci les uns des autres, et abandonnés de tous ?

 

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Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Un matin.

 

 

 

La journée commence aux blanches lueurs de l’aube. 
Le sommeil ne veut plus de moi. La nuit s’écourte en plein rêve, que j’oublie aussitôt. 

Comme un tocsin, l’alarme interne sonne du fond de l’obscurité. La mort se rappelle à moi, me rappelle les chiffres égrenés la veille. 

Mais déjà la vie s’éveille de l’autre côté des volets clos.  Le fracas du ramassage des poubelles, l’obstination de la vie qui continue. 

Sous ma couette je les devine et  rends hommage à ceux qui se lèvent pour assurer à leurs risques la prolongation du vivant, malgré tout. Par respect pour eux, qui livrent notre nourriture, évacuent nos déchets, s’enquièrent de notre santé, je veux faire attention. Mettre toutes les chances du côté de la vie. 

Après le gris des petits matins, quand s’effilochent les restes d’un mauvais rêve, la page blanche de mes jours peine à se quadriller en routines rassurantes. 
Le sommeil cotonneux ne demande qu’à m’enliser quand alentour rôde le danger, quand  la mort rôde et étend ses ailes sinistres. 
Pourtant, calfeutrée dans ma bulle, je m’accroche à cette  vie dont je croyais être lasse. 
Et le blanc de mes jours s’illumine peu à peu des petits riens qui font la vie.

 


La journée commence comme une page blanche, pourtant déjà tachée des douleurs de la nuit. Je veux savoir, et tout de suite ouvrir les décomptes dans l’attente du plus léger espoir. Faire le tour des nouvelles. Des fausses nouvelles aussi . Des polémiques, des colères et des sagesses. J’ai besoin d’y plonger, m’y angoisser, ne plus savoir qu’en penser. Et puis de lâcher tout. Et puis d’y revenir. Les lâchetés, les égoïsmes, les héroïsmes, les protestations, les résignations, les scandales, et les mille petits miracles du quotidien. 

La rumeur du monde contaminé au petit matin blanc. Non ce n’est pas un mauvais rêve, ce mois d’avril 2020 où la planète entière retient son souffle.

Et puis la page blanche de la journée qui s’annonce. 

 

Vivre encore puisque le cadeau m’en est fait. Je suis encore là pendant qu’on compte les morts et les « intubés »de la nuit. Provisoirement rescapée je fais ce qu’il faut, ce qu’on m’a dit de faire. J’ai de la chance, je suis protégée. Les masques blancs de mes anges gardiens verrouillent mon entrée.
La page blanche qui m’est offerte encore exige de moi. Comme un écolier appliqué je m’efforce d’en tracer les lignes et quadrillages, pour faire de mon confinement un exercice de vie. 

Vaille que vaille réveiller la carcasse fatiguée. L’obliger à tenir encore. Me lever me laver m’habiller déjeuner, me fixer quelques règles que plus rien ne me fixe, des horaires pour  ne pas m’enliser. Veiller au corps qui ne demande qu’à se laisser glisser, grappiller dans mes souvenirs quelques exercices de gymnastique, ouvrir les fenêtres et saluer le printemps qui vient narguer les rues désertes . 


Me revient le conseil des vieux stoïciens, distinguer ce qui dépend de moi et ce qui ne dépend pas de moi. Dans cette nouvelle prison,  confortable je l’avoue, il me reste le choix d’en faire le meilleur usage possible.

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Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
D
Quand rien ne va plus 

 

 

Les  jours où simplement on n’a plus le courage. 
A quoi bon ces jours confinés dont le seul objet est de survivre ? 
A quoi bon s’éveiller le matin, beaucoup trop tôt, pour se réjouir simplement d’être encore en vie, et en être un peu honteux.
A pleurer d’impuissance et se retrouver à la merci de nos gardiens bienveillants comme un tout petit enfant. 

Désespérée comme un tout petit enfant parce qu’hier on a oublié de m’apporter le petit déjeuner.

 

C’était Pâques hier, et en souvenir  des printemps de ma mémoire, glorieux ou douloureux, j’avais commandé petit déjeuner et déjeuner. 
Un jour de fête dans mon assiette pour changer du bricolage quotidien de mes menus.

L’heure du petit déjeuner, elle peut être variable en cette période d’ajustement, mais tout de même…le temps passe, je m’agace. Je m’inquiète et m’impatiente…
Je téléphone finalement : on m’avait oubliée !  Notée par erreur pour le lendemain. 
Une erreur toute bête m’a ramenée à l’angoisse du nouveau-né qui hurle sa faim, mêlée de colère et de peur. 


Ridicule ! Bien sûr, j’excuse et ne laisse rien filtrer de ce moment de panique. 
Personne n’en saura rien de ce moment où mes efforts pour garder le cap ont fondu devant l’évidence de ma dépendance. Où Il a suffi d’un petit déjeuner oublié…

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Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Des hauts et des bas

 

 

Ainsi vont les jours, à mesurer le verre à moitié vide ou à moitié plein. 

Les bonheurs.
tous ces appels reçus dès le matin le jour de mon anniversaire confiné. Appels, WhatsApp, vidéo ou direct, messages Facebook, enfants et petits enfants bien sûr même ceux qui oublient parfois, la fratrie, neveux alertés par Facebook, vieilles copines que je croyais perdues de vue, pas moyen d’être tranquille ce jour -là. Jusqu’à la rose apportée solennellement, en toute distanciation, par les employés de la résidence, à la place du goûter habituellement prévu pour fêter les anniversaires du mois.

Pas moyen de l’oublier cette année en plus, devenue soudain si précieuse.

 

Les peurs. 
Parfois, lancinante, la peur d’être abandonnée. Et si un jour ils quittaient le bateau nos merveilleux anges gardiens en blanc ?

Peur de me retrouver seule enfermée. 


Retour du vital, la peur primitive de la nourriture qui viendrait à manquer. C’est la même  peur qui a dévalisé les magasins aux premiers jours du confinement.

Peurs immémoriales qui ne demandent qu’à ressurgir sous le vernis de la société de consommation. 
Les créneaux de livraison sont saturés, il manque les produits les plus élémentaires. J’en suis à compter, haletante, des solutions de secours. Pourtant, pour le moment, j’en dispose. Il me reste la solution de commander des repas, au seul risque de gonfler provisoirement la facture.  Je n’ai à redouter ni chômage ni perte de revenu, la retraite continue à tomber et m’autorise même quelques extras.  Reste même une marge pour des « vieux jours » qui s’éterniseraient.

Mais …sait-on jamais ? Nous les vieux sommes fragiles, le danger va durer…

Et me voilà semblable à un petit écureuil affairé à mettre de côté pour l’hiver.  
Me voilà à attendre une  livraison incertaine ou retardée. A redouter le petit caillou qui pourrait se mettre en travers.
Et si on m’oubliait ?

Mais on ne m’a pas oubliée . Le Franprix a repris ses livraisons qu’on m’apporte à domicile. Le bonheur des premières fraises !


Il en faut si peu pour transformer la peur en gratitude .  Pour passer du matin blafard au soleil triomphant, et contempler de mon balcon la vie qui s’obstine. 

Un balayeur ramasse les déchets de la veille sur le large trottoir où hier se sont déconfinés, au compte goutte, quelques joggeurs, promeneurs de chiens, enfants excités et clients d’ Intermarché. Une camionnette de livraison remet un colis sur un seuil d’immeuble, on continue d’acheter.

Ce matin mes épaules sont moins lourdes.


Mais si les balayeurs arrêtaient de balayer ? Les éboueurs de vider nos poubelles, les livreurs de livrer et les supermarchés de vendre, et les cuisiniers de préparer nos repas ?

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Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Un jour comme un autre.

 

Je me réveille trop tôt le matin. Dans la rue déserte, le fracas du camion poubelle. La vie repart .
Un rêve s’accroche encore à moi, mais déjà je l’ai oublié, happée par l’ irréelle réalité des jours de peur.


Combien de morts déjà la veille ? Me revient le brouhaha des analyses. Des supputations, des accusations. Masques ou pas masques. La valse des experts. Qui croire ? Comment savoir de quoi sera fait demain ?
Je voudrais bien m’en extraire, mais, comme une addiction, ce besoin de chercher la dernière nouvelle, la dernière rumeur, la dernière polémique, la dernière colère.

Et puis ce jour qui vient et déjà me fatigue, jusqu’à quand ? Ses petits soucis, ses petits bonheurs, juste pour continuer. 

 

Les éboueurs sont passés, je leur dis merci, la ville sera propre, vue de ma fenêtre.

Je vérifie la carcasse, je tiens encore. Ma gorge ne gratte plus. La raideur dans les épaules ? Comme tous les matins. Bouger un peu, redémarrer la machine.

Ébauche de programme. 
D’abord une bonne douche, je me force un peu. Et un peu de ménage. 
Chasser la nuit, chasser la peur. Repousser l’enlisement, ne pas se laisser aller. 
Vérifier l’état des méninges. Sur la tablette, je révise mon dernier cours d’espagnol, je rajoute un mot à un Scrabble interminable. 
Méditer 10 mn pour calmer le tourbillon de l’esprit.
Et bouger, c’est essentiel pour ne pas sombrer. Aujourd’hui une séance de gym est prévue, dans le couloir. Merci Harmonie, et tant pis pour les courbatures. Les jours suivants  j’irai bouger un peu sur le balcon en m’éveillant à la vie de ma petite rue.


 
Jour après jour tenter de résister au malheur ambiant, et puis m’y replonger, informations , débats, comment y échapper ? J’y cherche des lueurs d’espoir ou de nouveaux motifs d’indignation. 

Mais ne pas m’y laisser noyer. 

Et capter avec gratitude chaque petit bonheur. 
Un repas pris encore avec appétit, les livraisons ont repris, merci au livreur cycliste qui sans retard m’a permis de remplir le frigo.
Cadeau, la résidence nous a offert un délicieux nectar d’abricot. 
Le petit déjeuner du dimanche et le déjeuner, que je m’offre comme une fête.
Blouse blanche masque et charlotte, on prend soin de moi, on prend chaque jour ma température frontale.
Mon courrier m’est apporté tous les 2 jours.
 L’occasion d’une conversation, un rayon de soleil. 

Le goûter apporté joyeusement, à chaque fois la surprise, je m’en réjouis comme un enfant.

Et puis, en prime, un coup de téléphone de ceux que je ne peux plus voir mais que je sais là, nous nous racontons, nous nous rassurons, et un sourire me reste quand je raccroche.

 

Et l’apothéose, à 20h, rendez-vous avec le dehors. En face les familles aux balcons applaudissent. Je les rejoins, ils m’ont vue et me font signe , les enfants et les papas et les mamans. 
Pendant 2 mn nos routines se rejoignent.
Merci, merci les soignants
Merci les voisins d’en face de m’accueillir dans ce moment. 
Et je rentre le sourire aux lèvres et du soleil au cœur. 
La nuit passera mieux.

 

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