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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Deuxième vague.

Oui c’est bien lui, une affichette projetée en visio lui a rendu hommage, j’ai deviné, j’ai compris, au cœur des rumeurs de ce nouveau confinement. Un peu plus tard, quand les bavardages ont repris prudemment, on me l’a confirmé, c’est bien lui.
Je ne connaissais pas son nom, j’en connais si peu encore et les oublie trop vite. Je préfère les prénoms, surtout le sien, impossible à oublier puisque c’est le mien. L’un au masculin, l’autre au féminin, c’est ainsi que nous nous sommes repérés. 

Bonjour Danielle,
Bonjour Daniel,

De fil en aiguille, de loin en loin, nous avons sympathisé, l’un avec un l, l’autre avec 2l, c’était un peu boiteux, l’énoncé de notre prénom presque homonyme nous servait de signe de ralliement. 
Cours de yoga où il arrivait un peu en retard, ou avait oublié de s’inscrire, on lui pardonnait. Qi gong, sophrologie où il s’autorisait une discrète somnolence, ou ce dimanche matin sur la terrasse où j’avais tardé à le reconnaître, masque et lunettes teintées, la calvitie dissimulée sous une élégante casquette. 
Nous avions échangé quelques mots, il me disait avoir apprécié un texte que j’avais publié dans la gazette, m’avait parlé de sa formation scientifique, moi j’étais la littéraire, nous étions là tous les deux, fatigués mais contents de ce clin d’œil au passé. 
Daniel n’est plus, je me sens un peu abandonnée. Un peu honteuse d’être encore là, d’avoir été à peine effleurée par le virus. Juste une frayeur pendant qu’autour de moi, confinée isolée, le compteur s’affolait dans la résidence.

Virus, le retour.

Partout la situation se tendait, et puis des bruits ont couru, il y a des malades. 
Des absents au repas du soir où j’avais mes habitudes. Malades, ou contacts, des infos se chuchotaient, les espacements, les gestes barrières, des inquiétudes, des tables se sont retrouvées à moitié vides…et puis tout s’est à nouveau refermé, comme au printemps. 
Plus d’espace collectif, chacun chez soi.
Comme au printemps.
Mais pas tout à fait. C’est l’automne, il fait triste et froid.
Plus d’applaudissements à 20 heures.
Les tests, les malades, nombreux.
Les absents, Daniel et les autres, que je ne connaissais qu’à peine, ou pas du tout, et dont l’absence nous hante, même lorsque nous avons prudemment repris les habitudes de la vie.

Merci à tous ceux qui ont déployé des trésors d’ingéniosité pour que la vie continue dans nos étages, merci pour la vie quand même, beaujolais et marrons, téléthon et repas de fête, devinettes et gym en chambre.
Et meilleurs vœux, encore, bien sûr.

                              Danielle

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