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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
Publié dans : #Confinée
Des hauts et des bas

 

 

Ainsi vont les jours, à mesurer le verre à moitié vide ou à moitié plein. 

Les bonheurs.
tous ces appels reçus dès le matin le jour de mon anniversaire confiné. Appels, WhatsApp, vidéo ou direct, messages Facebook, enfants et petits enfants bien sûr même ceux qui oublient parfois, la fratrie, neveux alertés par Facebook, vieilles copines que je croyais perdues de vue, pas moyen d’être tranquille ce jour -là. Jusqu’à la rose apportée solennellement, en toute distanciation, par les employés de la résidence, à la place du goûter habituellement prévu pour fêter les anniversaires du mois.

Pas moyen de l’oublier cette année en plus, devenue soudain si précieuse.

 

Les peurs. 
Parfois, lancinante, la peur d’être abandonnée. Et si un jour ils quittaient le bateau nos merveilleux anges gardiens en blanc ?

Peur de me retrouver seule enfermée. 


Retour du vital, la peur primitive de la nourriture qui viendrait à manquer. C’est la même  peur qui a dévalisé les magasins aux premiers jours du confinement.

Peurs immémoriales qui ne demandent qu’à ressurgir sous le vernis de la société de consommation. 
Les créneaux de livraison sont saturés, il manque les produits les plus élémentaires. J’en suis à compter, haletante, des solutions de secours. Pourtant, pour le moment, j’en dispose. Il me reste la solution de commander des repas, au seul risque de gonfler provisoirement la facture.  Je n’ai à redouter ni chômage ni perte de revenu, la retraite continue à tomber et m’autorise même quelques extras.  Reste même une marge pour des « vieux jours » qui s’éterniseraient.

Mais …sait-on jamais ? Nous les vieux sommes fragiles, le danger va durer…

Et me voilà semblable à un petit écureuil affairé à mettre de côté pour l’hiver.  
Me voilà à attendre une  livraison incertaine ou retardée. A redouter le petit caillou qui pourrait se mettre en travers.
Et si on m’oubliait ?

Mais on ne m’a pas oubliée . Le Franprix a repris ses livraisons qu’on m’apporte à domicile. Le bonheur des premières fraises !


Il en faut si peu pour transformer la peur en gratitude .  Pour passer du matin blafard au soleil triomphant, et contempler de mon balcon la vie qui s’obstine. 

Un balayeur ramasse les déchets de la veille sur le large trottoir où hier se sont déconfinés, au compte goutte, quelques joggeurs, promeneurs de chiens, enfants excités et clients d’ Intermarché. Une camionnette de livraison remet un colis sur un seuil d’immeuble, on continue d’acheter.

Ce matin mes épaules sont moins lourdes.


Mais si les balayeurs arrêtaient de balayer ? Les éboueurs de vider nos poubelles, les livreurs de livrer et les supermarchés de vendre, et les cuisiniers de préparer nos repas ?

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