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Le blog de danne

Le blog de danne

Récits de vie, mémoire et fiction, assortis de quelques réflexions. Dans l’attente de vos remarques, et, pourquoi pas, de vos propres récits. Rendez-vous à la rubrique « commentaires ».

Publié le par danne
Publié dans : #Fête des mères

 

Soyez mères


c’est aussi une injonction patriotique : plus nombreux, nous serons les plus forts !
Faites des enfants pour résister à l’ennemi teuton, vainqueur de 71, la revanche est à ce prix.
Faites des milliers d’enfants pour les charniers de 14-18.
Avec les survivants, faites des milliers d’enfants pour repeupler la France. 
Toute tentative de contraception est criminelle, ne parlons même pas d’avortement, les lois sont féroces autour des années 20. La propagande nataliste bat son plein, il en va de l’avenir de la France
En 1920, l’Assemblée Nationale vote une loi interdisant l’avortement et la contraception, qui ne cessera d’être renforcée par la suite.

En France, la loi de 1920 assimile la contraception à l’avortement. Toute propagande anticonceptionnelle est interdite. Le crime d’avortement est passible de la cour d’Assises. En 1923, l’importation d’articles anticonceptionnels est prohibée. Les jurys populaires se montrant trop favorables aux inculpé·e·s, l’avortement est désormais jugé en Correctionnelle.

La loi de 1939 renforce la répression. Des sections spéciales de policiers sont créées. Les tentatives sont punies comme les avortements. Les avorteurs sont très sévèrement condamnés. En 1941, ils peuvent être déférés devant le tribunal d’État. En 1942, l’avortement devient crime d’État. Pour l’exemple, une avorteuse est condamnée à mort et guillotinée en 1943. Plus de 15 000 condamnations à des peines diverses sont prononcées jusqu’à la Libération.

La Libération ne remet pas en question l’arsenal législatif répressif, avec son corollaire de décès ou de mutilations provoqués par les avortements clandestins. Les procès auront lieu contre les avortées et leurs complices jusqu’aux années 1970. Toutefois, avocats et juges n’appliquent plus la loi dans toute sa rigueur.
Cette longue période répressive qui causa la mort de bien des femmes, ne prendra fin qu’à partir de la loi Neuwirth autorisant la contraception (1967), et la loi Veil autorisant l’IVG (1975).
Site 8 mars info

 

La famille nombreuse est glorifiée, on décore les mères et on les chante. Tous les gouvernements s’en mêlent, et les religions. 

*

La fête des mères n’est pas instituée par Pétain, comme on le dit souvent, mais il lui donne une splendeur particulière. Par nationalisme, par moralisme, « travail famille patrie », il faut à tout prix restaurer les valeurs familiales dont les femmes sont les garantes. La femme, dans son rôle exclusif de mère au foyer, participe ainsi au redressement national. 

Les « faiseuses d’anges » contournent la loi au prix de drames épouvantables.
Dans le beau film « Une affaire de femmes » de Claude Chabrol, Isabelle Huppert monte à l’échafaud pour un avortement qui a mal tourné. 
La vie est sacrée, on n’y touche pas impunément. En même temps des milliers d’enfants juifs sont livrés à la barbarie nazie par la politique de collaboration. 

La mère est chargée de fabriquer de bons français et de bons catholiques pour les affrontements à venir. 
Les femmes sont soumises à la fatalité des grossesses et des allaitements.
 « Tu enfanteras dans la douleur », c’est au nom du précepte biblique que les sœurs infirmières rabrouent, dans les hôpitaux très catholiques, ces femmes qui hurlent leur déchirement. Comme si elles devaient payer le péché de chair, surtout quand il a été commis hors des liens sacrés du mariage. Les sœurs infirmières s’y connaissent en culpabilisation.

 

 

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